Crossroads démonte Julius Caesar !


Florence et Hussein sont libérés…Le Julius Caesar de William Shakespeare, mise en scène de Deborah Warner, libère les lieux du Théâtre National de Chaillot.


Julius Caesar quitte Chaillot.

L'enseigne du Théâtre
L'enseigne du Théâtre
Nous sommes le 12 juin 2005 et Crossroads démonte les décors de la pièce qui part pour l’Espagne sous l’œil vigilant de Vincent Gasquet, Régisseur Général de Coordination et du non moins vigilant Didier Monfajon, Directeur Technique.

C’est la première des 3 journées du démontage et 7 semi remorques de la société anglaise « Star Trucking » doivent être chargés avec la plus grande précaution. Car « Julius Caesar » c’est des éléments de décor de 400 kg en métal et bois, des panneaux de près de 4 à 8 mètres de long et tout cela doit voyager sans détérioration ni même égratignure jusqu’à Madrid, la prochaine étape, où le montage doit se réaliser dans les temps avec un minimum de retouches de la part des « constructeurs-décors ».

La tortue n’est pas la stratégie de Crossroads !

Une parfaite coordination
Une parfaite coordination
Ce sont 11 techniciens de plateau, encadrés par Gilles Sonnois, chef d’équipe de Crossroads, qui ont assuré ce chargement délicat durant les 3 jours. Didier Monfajon résume bien le travail de ces « Roads ». « Ce n’est pas de la manutention de base qu’ils font, c’est de la manutention d’œuvres d’art ! ». Il est vrai que pour des questions d’ordre budgétaire, on fit appel aux services de sociétés d’Intérim pour le montage et démontage d’éléments de décors. Vincent Gasquet s’en souvient, « C’était sans aucune mesure, nous avions de gros problèmes avec les manutentionnaires peu précautionneux et non formés à ce type de travail ».
Les décors coûtent une fortune, ils doivent durer le temps prévu par la production et même au-delà si la pièce a du succès. Alors les comptes sont vite faits… Il faut des professionnels !

Et dans ce Théâtre National de Chaillot, qui est avant tout une institution humaine, ce sont justement 70 à 80 professionnels permanents qui oeuvrent toute l’année pour la réalisation d’environ 25 spectacles différents répartis sur les 3 salles.
Ils sont ainsi :
- 6 à la direction technique,
- 5 à la régie générale,
- 17 à la lumière,
- 4 au son,
- 22 à la machinerie,
- 9 aux accessoires,
- 4 à la construction,
- 8 à la couture et à l’habillement.

A cela s’ajoute le personnel intermittent qui varie selon les pièces, plus le personnel de Crossroads qui vient renforcer les équipes lors des montages et démontages de décors importants.


Des travaux de légionnaires…

La fameuse panière électrique
La fameuse panière électrique
Quelle machine et quelle machinerie cette salle Jean Vilar ! Car pour en arriver là, côté technique, il a fallu de nombreuses années et deux grandes modernisations de la salle, dont l’une sous la direction de Jack Lang de 1972 à 1974. Jugez plutôt :
- La capacité d’accueil est de 1250 personnes en jauge maximale,
- La salle est entièrement modulable avec un système à coussins d’air,
- Le plateau est situé à - 23m sous l’esplanade du Trocadéro,
- L’accès technique se faisant au niveau de la place du Trocadéro, on imagine le chemin parcouru interminablement par les décors et les techniciens !
- Le plateau a une largeur de 33,50m, c’est l’un des plus grands après ceux des 2 Opéras,
- La hauteur est de 18m sous gril et de 12m pour la profondeur,
- Le proscenium avec une fosse d’orchestre de 18m x 3m37,
- Plus des grues, des passerelles, des porteuses…

…Sous l’œil de centurions

Vincent Gasquet Régisseur Général de Coordination
Vincent Gasquet Régisseur Général de Coordination
Cela sent bon la mécanique, la mécanique bien huilée telle cette panière électrique qui n’a pas d’âge et qui monte chargée de décors pour ensuite suivre un rail et livrer ses éléments sur un plateau à ciseau. Vincent Gasquet, 20 ans de maison, et son assistant sont aux manettes, fiers de leurs outils, du contrôle qu’ils exercent sur toute cette machinerie. Du haut de leur passerelle, ils manipulent, dirigent et surveillent pour que d’éventuels accidents ne surviennent.

Il fallu assurément de bonnes doses de sensibilisation à la sécurité pour que le Théâtre en arrive à ce qu’il est, une institution garante de la condition de ses personnels, garante des traditions et exigeante tant artistiquement que moralement. La renommée du Théâtre National de Chaillot n’est plus à faire et elle n’est sûrement pas le fruit du hasard.
Julius peut être fier d’y avoir été représenté !


A visiter le démontage en image

Quelques dates importantes pour finir :

Le Palais du Trocadéro
Le Palais du Trocadéro
- Le Palais du Trocadéro est édifié à l’occasion de l’Exposition Internationale de 1878,
- En 1920 Firmin Gémier inaugure en son sein le Théâtre National Populaire,
- Pour l’Exposition Universelle de 1937 la nouvelle salle du Palais de Chaillot est construite et peut accueillir 3000 personnes,
- Jean Vilar est nommé Directeur du Théâtre Populaire en 1951 alors que la salle est encore utilisée par l’ONU,
- Georges Wilson succède à Jean Vilar et ouvre en 1967 la salle Gémier (500 places) destinée à la présentation d’œuvres contemporaines,
- En 1972, Jack Lang devient le nouveau Directeur du Théâtre National de Chaillot et transforme radicalement la grande salle,
- En 1974 André-Louis Perinetti lui succède,
- Antoine Vitez en 1981,
- Jérome Savary en 1988 et décide de la réfection des locaux techniques, des loges, de la salle Gémier et élargit la diffusion des œuvres à l’ensemble de la France et à l’Europe,
- Depuis juin 2000 Ariel Goldenberg dirige le Théâtre.